Les personnes qui viennent visiter le jardin nous demandent souvent pourquoi l'avoir baptisé «  Le Jardin dans les Nuages » .

A l’extrémité de la propriété nous avons construit quelques maisonnettes autour d’une petite cour centrale ; ces constructions en colombage, recueillent entre autres, en hiver, certaines plantes frileuses… Le lieu a paru propice à notre fils pour y organiser des rencontres de jazz manouche à la gloire de Django Reinhardt et son fameux  titre ‘  Nuages ‘  y a résonné plusieurs années de suite . Mais le jardin s’est approprié lui-même ce qualificatif ; ainsi lorsque au printemps le Cotinus Obovatus se couvre de ses perruques roses, il transforme son ciel en un nuage cotonneux et diaphane . 

Les plantes possèdent une force de suggestion. L’architecture torturée de l’orme « Jacqueline Hillier »  nous renvoie à ses origines asiatiques et nous plonge dans l’ambiance d’un jardin japonais .Nous apprécions les arbres au fort pouvoir évocatif comme le Taxodium, l’Heptacodium, l’Acer Griseum, les Cornus … Ils marquent de leur personnalité les endroits où ils s’épanouissent . 

Toutes les photos ont été réalisées au "Jardin dans les nuages" et nous avons été attentifs à ce qu'elles restituent parfaitement les nuances de couleurs des plantes et fleurs

L’association des plantes est une recherche constante. Le fil conducteur reste la nécessité  pour notre jardin d’être lisible toute l’année. En hiver le givre se dépose sur les persistants et les haies de hêtre , soulignant les contours des structures qui protègent nos vivaces. La palette végétale est large..Dès le mois de février les héllébores amènent les premières couleurs. Puis se succèdent pivoines , hostas, hortensias, hémérocalles, graminées. Ainsi le spectacle est sans cesse renouvelé et qu’importe si les floraisons sont éphémères , la structure est toujours présente .

Les jardins ont la faculté de révéler des aspects plus ou moins cachés de notre personnalité. Nous nous découvrons apprenti peintre, apprenti architecte, mais aussi apprenti ‘créateur ‘. Sans vouloir porter ombrage au grand Ordonnateur, il y a une dizaine d’années, nous avons commencé à hybrider des hémérocalles : nouvelle aventure !. La découverte des créations de Marc King et quelques visites au jardin de François Verhaert en Belgique où ces plantes sont merveilleusement mises en valeur nous ont convaincus de leur intérêt. Elles amènent couleur et fraicheur au jardin en juillet et août, période où le jardin s’éteint quelque peu. Et nous voilà à jouer aux géniteurs amenant le pollen au pistil, découvrant les heures propices à la fécondation, questionnant le pédigrée de nos plantes afin de leur donner le meilleur. Depuis 10ans les bébés issus de nos ébats chromosomiques naissent en rangs serrés ,la pouponnière est pleine ! Et quel plaisir chaque matin d’été de découvrir notre nouvelle progéniture et de nous extasier sur le frou- frou de leur robe, la couleur de leurs yeux  et la profondeur de leur cœur ! Vous trouverez quelques portraits de ces rejetons dans la rubrique  ‘semis ‘.

Au fil des ans le jardin a bénéficié de la rencontre de personnes qui nous ont guidés; Maurice Laurent* nous a fait découvrir les viornes et tant d’autres plantes , André Eve les roses anciennes . Avec  Jean-Pierre Hennebelle* et aujourd’hui ses fils Nicolas et Jean-Loup* nous partageons la passion des arbres remarquables. Christian Peyron et son arboretum du Bois Marquis* ont été pour nous une importante source d’inspiration . 

Le jardin ne cesse d’être un lieu de rencontre et de partage , et chaque visiteur nous transmet son émotion et repart avec un peu de nous même .

Nous vivons notre jardin. Nous l’avons fait naître, habillé, nourri, sculpté. Nous avons semé, bouturé, planté, taillé et replanté. Il partage notre vie et nous apporte quotidiennement sa bienfaisance. Pour certains tout cet investissement en temps et en moyens peut paraître dérisoire , mais pour nous le résultat compte moins que le plaisir que notre jardin nous apporte. « L’essentiel est invisible pour les yeux  ». Une étonnante transformation s’opère chez les jardiniers au fur et à mesure qu’ils travaillent leur terre, une attirance vers le haut, comme le fût des hêtres s’étirant à la recherche de la clarté. De la glaise vers l’étonnement, l’émotion, la plénitude .. Comme si les plantes, dans leur volonté d’épanouissement, nous amenaient avec elles vers la lumière, nous baignant d’une éffluve de sentiments, nous dépouillant du superficiel, brisant toute barrière. Nous ne sommes plus nous, nous allons vers une autre dimension, celle de jardiniers communiant à la même source, heureux  d’être ensemble dans un mariage d’hommes et de plantes. Le jardin devient spiritualité partagée .

 

Quelle aventure et quelle source d’enrichissement ! 

*www.voyages-flecher.fr

*www.pepiniere-laurent.fr

*hennebelle.com

*http://www.lejardinduboismarquis.com

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"Le Jardin dans les nuages"

                   de Jacqueline et Michel Erard

                                                                Marckolsheim, Alsace

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